mercredi 9 août 2017

Accrochés à leurs îles.

Alors que les vacances parlementaires débutent ce soir, les présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale ont pour point commun d'avoir choisi une île bretonne comme lieu de villégiature. Gérard Larcher a jeté son dévolu sur l'île de Batz. François de Rugy fréquente, lui, Ouessant depuis sa plus tendre enfance. 


Fin juillet, François de Rugy (La République en Marche), député de Nantes et président de l'Assemblée nationale, est venu passer quelques jours à Ouessant. Loin des rangs tapageurs de l'Assemblée qui, ces dernières semaines, ont été le théâtre d'échanges verbaux plutôt musclés. Et ponctués de cris d'animaux. Assurément, François de Rugy préfère les bêlements des moutons d'Ouessant à ceux de ses collègues du Palais Bourbon.

De Rugy et Ouessant : depuis sa tendre enfance


Comme à son habitude, le nouveau président de l'Assemblée nationale, qui a succédé au socialiste Claude Bartolone, s'est fait très discret. « Il vient vraiment ici pour se reposer, confie un proche. Il a des goûts simples. Ses journées, il les passe à faire du vélo avec ses enfants, à aller à la pêche. Il a un petit bateau avec lequel il sort régulièrement. Il adore ça. C'est quelqu'un de dynamique ».

Cela fait de longues années que François de Rugy fréquente l'île où ses parents, tous deux enseignants, ont acquis une maison quand il était enfant, au début des années 1970. « Ils avaient eu le coup de foudre pour l'île. Avec François, on se connaît depuis qu'on a quatre ans, souligne cet habitant qui a grandi au côté de celui qui allait devenir député écologiste. François n'a pas de goût de luxe. Il aime les choses simples. C'est pour cela qu'il se sent bien ici ». Le président de l'Assemblée qui, comme ses parents, a acheté une maison à Ouessant, fréquente l'île tout au long de l'année. « Il n'est pas rare de le croiser en plein hiver, poursuit le même Ouessantin. Il n'a pas peur du mauvais temps.
 La dernière fois que j'ai échangé sur le bateau avec lui, c'était après la primaire de la gauche, qui s'était soldée par un échec pour lui. Il venait faire un break après quelques semaines de tension. Je doute fort que, dans les mois à venir, avec ses nouvelles responsabilités, on le voit aussi souvent sur l'île ».

Larcher et Batz : pêche et repos


À quelques dizaines de kilomètres de là, vers l'est, Gérard Larcher (Les Républicains), une des grandes figures du gaullisme social, ne jure plus que par l'île de Batz, où il vient se ressourcer régulièrement depuis une quarantaine d'années. À 67 ans, l'ancien ministre de l'Emploi des gouvernements Raffarin et Villepin possède une maison de pêcheur sur l'île. Loin de sa ville natale de Flers, dans l'Orne. Comme François de Rugy, Gérard Larcher est passionné par la pêche. Il possède un bateau avec lequel il pose des casiers à homards et traque le bar. Cet ancien vétérinaire équin (il a officié auprès des chevaux de la garde républicaine) décrit Batz comme une terre apaisante et magique. Gérard Larcher fréquente l'île tout au long de l'année. « Il est présent à toutes les vacances scolaires avec sa femme, ses enfants et ses petits-enfants », témoigne une habitante. « C'est quelqu'un de chaleureux, de jovial. Comme sa femme d'ailleurs. Mais ils participent peu à la vie de la commune ». La maison du couple Larcher, qui appartenait à la famille de son épouse, est tout à fait modeste. Rien de luxueux. Une maison de vacances comme tant d'autres. Gérard Larcher a noué une amitié avec le maire Guy Cabioch, qu'il a décoré de l'Ordre national du Mérite en 2008. Le président du Sénat a su aussi se montrer généreux envers sa commune d'adoption en participant, via sa réserve parlementaire, au financement d'un logement social sur l'île.

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